L’Espagne reste la destination de prédilection des acheteurs des Pays-Bas et de Belgique qui souhaitent acquérir une seconde résidence, profiter du soleil en tant que retraités, ou réaliser un investissement immobilier solide. Pourtant, l’enthousiasme initial se heurte souvent à une réalité plus complexe : le système juridique et fiscal espagnol diffère fortement de celui des Pays-Bas (Belastingdienst) et de la Belgique.
De la déclaration du bien à l’étranger à l’optimisation du modèle fiscal pour éviter la double imposition, chaque étape compte. Si vous ne voulez pas de mauvaises surprises avec l’administration fiscale, ce guide pratique vous détaille tout ce qu’il faut savoir pour acheter votre logement en toute sécurité juridique.
Le profil de l’acheteur néerlandais (Nederlander) ou belge (Belg) est à la fois analytique et prévoyant. Le lecteur ne cherche pas seulement à savoir quelles plages visiter ; il a besoin d’une feuille de route financière et juridique pour décider d’achat sans risques.
Avant de transférer des fonds ou de signer un quelconque contrat de réservation, trois démarches administratives obligatoires sont à accomplir en Espagne :
Obtention du NIE (Numéro d’Identité d’Étranger) : Il s’agit du code fiscal de base pour toute opération. Il peut être demandé au consulat espagnol de La Haye ou de Bruxelles, ou directement en Espagne via un bureau des étrangers.
Ouverture d’un compte bancaire espagnol : Même si la réglementation SEPA permet les paiements internationaux, les banques espagnoles et les entreprises de distribution d’eau et d’électricité exigent un compte local pour domicilier les prélèvements récurrents.
Engager un avocat indépendant : Contrairement aux Pays-Bas, où le notaris mène une enquête approfondie sur l’état du bien, le notaire en Espagne s’occupe principalement d’attester l’acte et d’en garantir la validité publique. L’audit juridique préalable (Due Diligence) est réalisé par votre avocat.
La charge fiscale liée à l’achat-vente se situe entre le 10 % et 13 % du prix du bien, selon le type de logement et la Communauté autonome (par exemple, la Communauté valencienne ou l’Andalousie).
TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) : Fixée à 10 % au niveau national.
AJD (Taxe sur les Actes Juridiques Documentés) : Varie selon la région ; elle se situe généralement entre le 0,5 % et 1,5 %.
ITP (Impôt sur les Transmissions Patrimoniales) : La TVA ne s’applique pas. Il s’agit plutôt de cet impôt régional, qui se situe entre le 6 % et 10 % sur la valeur de référence du cadastre.
Voici le point critique où la plupart des acheteurs commettent de graves erreurs par méconnaissance de la Convention de Double Imposition signée entre l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique.
Si vous êtes résident fiscal aux Pays-Bas, vous devez déclarer vos actifs mondiaux. Votre bien en Espagne entre conceptuellement dans le Box 3 (épargne et investissements).
Point clé : Grâce à la convention internationale, vous pouvez demander une exonération pour éviter de payer des impôts sur ce bien aux Pays-Bas, car le droit d’imposition prioritaire revient à l’Espagne. En revanche, cela augmente la valeur totale de votre patrimoine de base, ce qui peut avoir un impact sur le taux d’imposition réel appliqué à vos autres biens.
Même si vous ne vivez pas en Espagne, l’administration fiscale espagnole vous demandera de payer chaque année sur la base du bien via le Modèle 210 :
Si le logement est destiné à votre usage personnel (Non loué) : Vous payez une imputation de revenus immobiliers basée sur un pourcentage de la valeur cadastrale du bien. Le taux d’imposition pour les résidents de l’UE est de 19 %.
Si vous décidez de le louer : Vous devez payer le 19 % sur le revenu net. Pour les citoyens néerlandais et belges, la bonne nouvelle est qu’ils peuvent déduire les frais d’entretien, la communauté, la taxe IBI et l’amortissement proportionnels au temps pendant lequel la maison a été louée.
Si vous avez besoin d’un financement pour acheter votre propriété sur la Costa Blanca ou dans une autre région espagnole, vous disposez de deux options avec des conditions sensiblement différentes :
Critère | Banque dans votre pays d’origine (NL / BE) | Banque en Espagne (En tant que non-résident) |
Financement maximal | Varie selon l’établissement (souvent, d’autres garanties sont exigées). | Généralement limité à 60 % - 70 % de la valeur. |
Durées habituelles | Selon les politiques de votre banque habituelle. | Habituellement entre 20 et 25 ans. |
Garanties exigées | Peut nécessiter de fournir une caution ou de réhypothéquer un bien déjà payé dans le pays d’origine. | Le logement acheté en Espagne sert de garantie. |
Principaux avantages | Démarches généralement plus faciles et langue familière. | Analyse des revenus adaptée au marché local, en euros. |
La planification successorale est essentielle. L’Espagne applique l’Impôt sur les Successions et les Donations (ISD) en se basant sur le critère de la localisation du bien immobilier.
Heureusement, depuis les décisions de la Cour de justice de l’UE, les non-résidents de l’Union européenne ont le droit d’appliquer les réglementations de la Communauté autonome où se situe le bien. De nombreuses régions touristiques proposent des réductions pouvant aller jusqu’à 99 % sur cet impôt pour les membres de la famille directe (conjoints et enfants), ce qui réduit drastiquement l’impact fiscal qui existait il y a quelques années.
Acheter un bien en tant que Néerlandais ou Belge est un processus financièrement judicieux, à condition de le gérer dans le respect des bons paramètres juridiques. Faire appel à une agence spécialisée qui comprend le contexte fiscal international fait toute la différence entre une transaction stressante et une expérience réussie.
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